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Guillaume Linard-Osorio.

De ses études en design et en architecture, Guillaume Linard-Osorio a retenu qu'un projet n'est jamais quelque chose de fini. Ce sont avant tout des intentions, des images ou des codes qu'un designer ou qu'un architecte propose. Un projet est en ce sens nécessairement interprété, il ne vit qu'au travers des lectures multiples de ses potentiels utilisateurs. Tout projet devient autre, rien n'y est immuable, tout y est ouverture?

Les premiers travaux artistiques de Guillaume Linard-Osorio se sont assez logiquement orientés dans cette direction : c'est en transférant des méthodes de travail apprises, en mettant le projet en question, en poussant plus encore cette réflexion engagée quant au rapport de l'image à la matière que de premières compositions ont vu le jour. Et c'est conformément à cette même intention que sa 1ère exposition personnelle chez Magda Danyzs, à juste titre intitulée « Under construction », a été l'occasion de déconstruire ce que notre environnement a de fini. En déstructurant l'architecture de la galerie jusqu'à ses fondations, la nature de l'espace d'exposition considéré en analogie au monde qui nous entoure fut mise en question. Le centre d'intérêt n'était plus le contenu mais bien le contenant, et l'acte de déconstruction semblait y avoir autant d'importance que l'acte de construction, la dislocation permettant de révéler les fondements de notre environnement, la face cachée, l'insondable parfois. C'est dans ces premiers travaux tout un décor qui s'effondre, ouvrant de nouvelles perspectives.

Sa production s'oriente aujourd'hui vers des ?uvres plus dépouillées encore. Son travail actuel interroge le matériau même de la construction, le degré zéro du projet en quelque sorte. Les compositions récentes s'apparentent à des matériaux presque bruts, et c'est ce presque qui leur confère tout leur intérêt. Ces matières presque premières ouvrent de nouvelles perspectives : celles de leur application. On imagine dès lors de potentielles issues formelles dans le cadre d'un projet que l'artiste se refuse à mener, laissant chacun libre de s'y atteler, ou tout au moins d'en imaginer les contours. Sans travailler avec un commanditaire déclaré, Guillaume Linard-Osorio travaille avec le monde qui l'entoure. L'exposition d'objets-matière première se propose sans nul doute de mettre en question le moment de la construction et aborde par extension la notion de standard, ce qu'en somme notre environnement a de figé. Le travail artistique consiste dans les nouveaux projets de Guillaume Linard-Osorio en une proposition fortement emprunte de discrétion : à l'image des panneaux fossiles, ses ?uvres actuelles s'apparentent à des matériaux un peu différents, plus ou moins bruts, discrètement autres, en attente de mise en forme. Et le presque brut, le presque standard qui s'y jouent nous engagent à penser la mise en forme dans la différence. Les projets de Guillaume Linard-Osorio s'inscrivent désormais dans une certaine interaction, et l'ouverture produite y est décisive. Il est maintenant question de construire.

L'inachevé subsiste, toujours. Plus qu'à un en construction, caractéristique de ses premières ?uvres, Guillaume Linard-Osorio nous met désormais face à du à construire : de nouvelles possibilités de construire, de nouvelles matières pour créer... très certainement pour signifier que lorsque le décor s'effondre, il faut rebâtir.

Texte écrit pour Guillaume Linard-Osorio
Décembre 2008

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